La croisée des réseaux

La croisée des réseaux 2005

La croisée des réseaux 2005

Installation de réalité virtuelle générative et interactive

Site Odéon 5, Paris, France et KunstVerket Gallery, Oslo, Norvège

Eléments techniques :

1 station graphique, 1 vidéoprojecteur, 2 capteurs

Logiciel : Emmanuel Mâa Berriet

Un dialogue pour le moins surprenant s'instaure entre deux formes du réel et du virtuel. D'un côté, "Rizomatic ", 2005, est une immense sculpture/installation suspendue au plafond. Sorte de pénétrable géant chaotique de lignes et de flux lumineux, réalisé à partir d'un montage et d'une combinatoire de 4 000 micro-structures d'acier peint en couleur fluo, elle surgit de l'obscurité, comme un réseau de lumière. Aussi légère qu'aérienne, elle semble délivrée de toute pesanteur.
Mais par un paradoxe certain, cette sculpture physiquement "réelle" et très nouvelle dans le travail de Miguel Chevalier, n'est pas sans ressembler à l'installation virtuelle et interactive "la croisée des réseaux" , 2005 faite d'immatière et de projections programmées par ordinateur. C’est une immense cartographie de la Galerie Odéon 5 ou de la Kunstverket galleri, à partir des noms de leur fichier, points de croisements de mondes personnalisés qui gravitent autour de leur activité, et celui du jeu en 3D des trajets, véritables trames superposées d’une structure virtuelle dynamique qui nous permet "d’entrer" dans le réseau de la galerie. Dans cette vie des flux, c’est vous qui faites et défaites l’œuvre. Renvoyant à une banque de données, programmée par le logiciel AAASeed d’Emmanuel Mâa Berriet. Cette œuvre vous permet d’explorer progressivement tout le fichier, et même de zoomer sur tel ou tel trajet . Partout, les éléments s’attirent et se repoussent, si bien que dans cette toile d’araignée virtuelle /réelle, on est pris dans la double respiration temporelle et spatiale de la dilation et de contraction. En mouvement permanent, éphémère, la forme se simplifie et se complexifie à l’infini comme un immense nuage en suspens, où tout flotte, se ramifie, se multiplie, atteint son point zéro et réapparaît, toujours autre en imbriquant de multiples lignes et trajets différents.

Extrait du texte de Christine Buci-Glucksmann