Machine Vision

Machine Vision 2019

Machine Vision 2019
Exposition personnelle

Galerie Lélia Mordoch, Paris, France

Vernissage le jeudi 28 mars 2019, de 18h00 à 21h00

Exposition du 29 mars au 25 mai 2019

Galerie Lélia Mordoch

50 rue Mazarine

75006 PARIS

www.leliamordoch.com

Pour sa deuxième exposition personnelle à la Galerie Lélia Mordoch à Paris, Miguel Chevalier présente ses dernières recherches sur le thème du corps digitalisé et du signe de l’infini. Recouverts d'un papier peint composé de fragments d’algorithmes, tels des codes à décrypter, les murs de la galerie proposent d’emblée une immersion dans le monde numérique et la machine informatique. L’oeil de la machine est une nouvelle création numérique interactive qui interroge la notion d’autoportrait et traite des nouveaux types d’images produites par des machines via les caméras de surveillance dotées d’un système de reconnaissance faciale. Conçue avec un logiciel écrit par l’algorithmicien Claude Micheli, deux variations en sont présentées sur écran, l’un vertical de 82 pouces, l’autre horizontal et courbe de 65 pouces. En se plaçant devant, le spectateur glisse du réel au virtuel, le temps d’une performance artistique éphémère. En flux constant, le portrait du visiteur se déconstruit en temps réel dans une interaction homme-machine. Captée par une caméra, reliée à un ordinateur gérant les données selon différentes géométries algorithmiques, sa silhouette subit des processus de tessellation,
se fragmentant et se partitionnant en milliers de polygones.

En avant-première, l’exposition dévoile aussi différentes créations sur le thème de l’infini, présentées sur écran ou sous la forme de sculptures ne possédant qu’une seule face se retournant sur elle-mêmes sans fin. Sont aussi exposées des oeuvres sérigraphiées sur Dacryl®, traitées avec le diagramme de voronoï, comme cet autoportrait de l’artiste, ou une représentation du Marcheur incarnant la figure de l’homme du XXIe siècle.


L’exposition Machine Vision poursuit les pistes de réflexion développées dans l'exposition Artistes & Robots présentée au Grand Palais en 2018, dont Miguel Chevalier était conseiller artistique au côté des commissaires Laurence Bertrand Dorléac et Jérôme Neutres. Durant ces dernières décennies, les ordinateurs sont devenus si puissants, si rapides et faciles d'accès, que des programmes informatiques de plus en plus “intelligents” voient le jour. utilisées dans tous les domaines, ces machines résolvent les schémas de calculs les plus complexes. L’art n'y échappe pas et les artistes collaborent avec des systèmes robotiques pour créer des oeuvres. Ils s’intéressent également aujourd’hui aux applications et implications de l’intelligence artificielle dans l’art. Dans la perspective de ces dernières avancées technologiques, Miguel Chevalier qui développe depuis les années 80 une démarche dans le champ de l’art contemporain avec pour médium principal l’outil informatique, poursuit son exploration de ces potentialités créatives. Fractales, algorithmes génétiques, processus de croissance et génératif… Miguel Chevalier s’intéresse aujourd’hui à la géométrie algorithmique, en s’appuyant sur le diagramme de voronoï ou la triangulation de Delaunay.

Avec l’exposition Machine Vision, Miguel Chevalier interroge la matérialisation de l’image à l’ère de sa reproductibilité électronique : une image hybride, une image-flux qui peut admettre toutes les variations et métamorphoses. L’ordinateur devient un moyen de disséquer le monde. L’image est analysée dans sa chair et sa structure. Les déformations, manipulations de l’image constituent une forme de travail sémiologique sur une matière vivante.

L’oeil de la machine questionne la relation au réel. Les corps des visiteurs, semblables à un enchevêtrement de réseaux, à un maillage cyberbernétique, sont l’image métaphorique de notre monde qui se dématérialise. La circulation des données numériques en temps réel, à laquelle nous participons chaque jour, contraint à de nouvelles manières de stocker les données, de voir et d’analyser le monde. Dans notre univers saturé d’images, l’humain se perd tel Icare fou d’infini, jusqu’à sa disparition. Cette nouvelle oeuvre interroge l’utilisation de ces images mathématiques sur le plan de la surveillance ou du traitement des données.


En complément de ces deux créations numériques sur écran sont présentées des oeuvres fixes traitées avec le diagramme de voronoï, notamment un autoportrait de Miguel Chevalier, sérigraphié sur résine Dacryl® bleu profond ; ou l’oeuvre Le marcheur, sérigraphiée en rouge fluo sur panneau de résine Dacryl® vert fluo. Le corps en mouvement : cette oeuvre marque la volonté de l’artiste de poursuivre ses recherches là où la technologie avance. Dans la continuité de L’homme qui marche de Rodin ou de celui de Giacometti, ou encore de L’homme en mouvement de Boccioni, Le marcheur incarne l’homme du XXIe siècle.

Miguel Chevalier présente également en avant première différentes créations sur le thème de l’infini où il explore les potentialités créatives de l’ordinateur, faisant subir à ce signe de l’infini des transformations et des mouvements perpétuels présentés sur un écran 65 pouces. La temporalité de l’oeuvre est bouleversée car l’image est sans fin. La machine crée des formes qui n’auraient pu l’être avec les techniques artistiques traditionnelles. Il en émerge des formes inédites qui donnent à voir et à penser avec deux sculptures, Le cycle de l’infini 1 et 2. Le cycle de l’infini 1 est une sculpture en résine Dacryl® (verre de synthèse) qui a la forme d’un anneau de Möbius, un ruban sans fin n’ayant ni intérieur ni extérieur, ne possédant ainsi qu’une seule face qui se retourne sur elle-même à l’infini. Sa perception change selon l’angle par lequel on la regarde : d’un côté elle apparaît d’un bleu uniforme qui semble teinté dans la masse ; de l’autre, elle laisse percevoir un ruban de couleur fluorescent inséré dans la matière. Cette sculpture est à l’image des logiciels auto-génératifs que Miguel Chevalier utilise dans ses oeuvres d’art digital. Le cycle de l’infini 2 est une sculpture en plexiglass réalisée grâce à la technique de découpe laser. La superposition des plaques transparentes ajourées crée un jeu de plein et de vide, renforcés par la lumière qui traverse les découpes. Une esthétique du virtuel mêlant matière et pixels.