Power Pixels

Power Pixels 2016

Power Pixels 2016
Exposition personnelle de Miguel Chevalier en collaboration avec la Galerie Keza

LMS Gallery, Bruxelles, Belgique

LMS Gallery
Avenue Louise 335
1000 Bruxelles
Belgique

Vernissage le mercredi 20 avril 2016, de 18h00 à 22h00
Exposition du 21 avril au 9 juin 2016
Tel +32 2 648 70 11
 

Du : 20/04/2016 Au : 16/06/2016

"Power Pixels 2016" est la première exposition personnelle de Miguel Chevalier à la galerie LMS, réalisée en collaboration avec la Galerie Keza (Paris).

Pionnier de l'art virtuel, Miguel Chevalier utilise l’informatique comme moyen d’expression dans le champ des arts plastiques depuis 1978. Son travail aborde la question de l’immatérialité dans l’art, les logiques induites par l’ordinateur, tels que l’hybridation, la générativité, l’interactivité.

Sont présentées dans l'exposition une série de créations en mouvement et fixes, qui explorent le thème de la ville et de ces transformations urbanistiques. L’artiste est susceptible de livrer des pistes de réflexion pour renouveler le regard sur la ville et sur l’architecture, pour réinventer la ville de demain et imaginer notre monde futur. Sensible à l'évolution du développement des villes et à leur mondialisation, les œuvres présentées dans l'exposition s'inscrivent dans la continuité d'œuvres antérieures de l'artiste (Aller/Retour – Tokyo/Kyoto,  Villa Kujoyama, 1996; Périphérie, Espace Cardin, Paris, 1998; Mémoire et Mutations, La Fabrique, Beyrouth, 1999;  Métapolis, Marco, Monterrey, Mexico, 2002; Méta-Cités, Galerie Fernand Léger, Ivry-sur-Seine, 2015).

Les œuvres numériques Light Méta-Cités et Méta-Cités filaire présentées sur écrans LCD, sont deux villes virtuelles différentes qui s'inspirent des villes et des espaces urbains propres aux mégalopoles.
Cerda, Haussmann et Otto Wagner ont élaboré des modèles urbains capables de restructurer la ville et de réorganiser sa circulation, mais aujourd'hui, les flux de circulation, les échanges en temps réels, obligent à repenser la cité dans son rapport à la vie et au territoire. Les outils informatiques permettent désormais d'explorer ces cités digitales nouvelles, dans leur devenir-monde.
Villes planétaires, sans localisation, sans début, ni fin, sans centre et périphéries,  Méta-Cités sont deux villes virtuelles constituées de bâtiments filaires qui défilent sous nos yeux. Ces Méta-Cités se génèrent et se transforment perpétuellement grâce à un programme informatique. Ces villes se génèrent d'elles mêmes en un chaos de dynamismes et de flux non programmables. Ces Méta-Cités sont révélatrices d'un principe urbain générique qui s’auto-reproduit sans état d’âme, sans repères, sans souci de singularité. Elles téléscopent les époques et nous projettent dans des villes où la nature disparaît au profit d’un urbanisme effréné et où à terme les villes se rejoindront entre elles. Ce ne sont plus que des immenses enchevêtrements de réseaux, une architecture du cyberespace, impossible à parcourir ou à connaître en totalité.

Au regard de ces deux œuvres sur écrans, sont présentées les sculptures Méta-cités 2 et Archi-Pixels. Ces deux sculptures en Plexiglas réalisées grâce à la technique de découpe laser matérialisent ces architectures imaginaires. Il en émerge une esthétique du virtuel, mêlant matière et Pixels. L'artiste devient un sculpteur du virtuel.

A travers le thème de la ville, l'exposition nous montre comment l'artiste peut transposer une forme de réalité dans un nouvel imaginaire, ou comment créer un imaginaire à partir d’une réalité. Ces créations génèrent un monde sensible qui ouvre de nouveaux horizons et une écriture poétique capable de soulever des émotions. Elle nous invite à lire et à vivre la ville autrement.
Miguel Chevalier saisi avec le virtuel l'insaisissable et traduit les formes nouvelles de la vie contemporaine et des villes aujourd'hui: renouvellement incessant, vitesse, transformation. Abandonnant toute mémoire chronologique et linéaire, il construit en images, une "constellation de temps" urbains, entre destruction et construction, croissance et mutation.

Autre fil conducteur de l'exposition, le Pixel, point élémentaire de toute image numérique, est motif récurrent dans le travail de l'artiste et de ses recherches sur l’art numérique. Il est pour lui l'équivalent de la touche picturale. Si Alain Jacquet ou Roy Lichtenstein se sont intéressés à l’agrandissement du point et de la trame offset, Miguel Chevalier développe une écriture non plus fondée sur la trame de points comme ces artistes, mais sur la trame du pixels. Le Pixel, agrandis, mise en mouvement ou fixe, devient autonome et compose des univers abstraites empreint de poésie.

L'agrandissement des Pixels des oeuvres Pixels infini (jaune) et Pixels Infini Rond (blanc) compose une image abstraite mise en abyme par le double miroir sans tain. Le regardeur plonge et est attiré dans cet univers infini de lumière.

L'œuvre Cyberespace Pixels mêlant Pixels et formules mathématique, est à l’image du Big Data, c’est à dire des trillions d’octets de données générées chaque jour: messages sur les sites de médias sociaux, images numériques et vidéos publiées en ligne, d’enregistrements transactionnels d’achats en ligne, signaux GPS de téléphones mobiles... C’est l’image métaphorique de l’explosion quantitative des données numériques qui contraint à de nouvelles manières de stocker les données, de voir et analyser le monde.

Lumière, mouvement, énergie : de nouvelles poétiques de la matière s'élaborent dans la continuité des œuvres cinétiques. Miguel Chevalier retranscrit à partir de cette esthétique, les notions de flux et de réseaux. Il rend visible l’invisible, révèle l'essence des choses dans un monde sans cesse en évolution.

Un film de Claude Mossessian