Power Pixels - Miguel Chevalier

Power Pixels - Miguel Chevalier 2016

Power Pixels - Miguel Chevalier 2016
Exposition personnelle

Lelia Mordoch Gallery
2300 N Miami Av
Miami FL 33127 - USA
Tel : 786.431.1506


Vernissage le 3 décembre 2016
Du 27 novembre 2016 au 28 janvier 2017

http://leliamordochgalerie.com/

"Power Pixels 2016" est la première exposition personnelle de Miguel Chevalier à la Galerie Lélia Mordoch à Miami aux Etats Unis. Pionnier de l'art virtuel, Miguel Chevalier utilise l’informatique comme moyen d’expression dans le champ des arts plastiques depuis 1978. Son travail aborde la question de l’immatérialité dans l’art, les logiques induites par l’ordinateur, tels que l’hybridation, l’interactivité, la générativité.

Sont présentées dans cette exposition une série d’œuvres en mouvement et d’oeuvres fixes récentes et plus anciennes, qui explore le thème de la ville et de ces transformations urbanistiques. L’artiste est susceptible de livrer des pistes de réflexion pour renouveler le regard sur la ville et sur l’architecture, pour réinventer la ville de demain et imaginer notre monde futur. Sensible à l'évolution du développement des villes et à leur mondialisation, les œuvres présentées dans l'exposition s'inscrivent dans la continuité d'œuvres antérieures de l'artiste (Aller/Retour-Tokyo/Kyoto, 1996, Villa Kujoyama, Japon; Périphérie, 1998, Espace Cardin, Paris; Mémoire et Mutations, 1999, La Fabrique, Beyrouth, Liban; Métapolis, 2002, Marco, Monterrey, Mexico; Méta-Territoires, 2015, Galerie Fernand Léger, Ivry-sur-Seine, France).

Les deux œuvres numériques Méta-cités 4 2015 et Méta-Cités Filaire 2016 présentées sur deux écrans LCD, sont deux villes virtuelles différentes qui s'inspirent des villes et des espaces urbains propres aux mégalopoles. Au XIXème siècle, Cerda, Haussmann et Otto Wagner ont élaboré des modèles urbains capables de restructurer la ville et de réorganiser sa circulation, mais aujourd'hui, les flux de circulation, les échanges en temps réels, obligent à repenser la cité dans son rapport à la vie et au territoire. Les outils informatiques permettent désormais d'explorer ces "cités digitales nouvelles", dans leur devenir-monde.
Villes planétaires, sans localisation, sans début, ni fin, sans centre et périphéries, les Méta-cités sont deux villes virtuelles constituées de bâtiments filaires qui défilent sous nos yeux. Ces Méta-cités se forment grâce à un logiciel informatique écrit par le programmeur Claude Micheli. Ces villes se génèrent d'elles mêmes en un chaos de dynamismes et de flux non programmables. Ces Méta-cités sont révélatrices d'un principe urbain générique(1) qui s’auto-reproduit sans état d’âme, sans repères, sans souci de singularité. Elles téléscopent les époques et nous projettent dans des villes où la nature disparaît au profit d’un urbanisme effréné et où à terme les villes se rejoindront entre elles. Ce ne sont plus que des immenses enchevêtrements de réseaux, une architecture du cyberespace, impossible à parcourir ou à connaître en totalité.

Au regard de ces deux œuvres sur écran, sont présentées une série d’œuvres fixes, sous forme d’impression et de sculptures. Parmi ces œuvres, les 3 sculptures en plexiglas Méta-cités 1, Pixels Archi-sculpture et Archi-Pixels, réalisées grâce à la technique de découpe laser matérialisent ces architectures imaginaires. Il en émerge une esthétique du virtuel, mêlant matière et Pixels. L'artiste devient un sculpteur du virtuel.

Une série d’impressions numériques en couleur ou noir et blanc, issue des univers Méta-cités complète l’exposition. La série Méta-Cités–White and Black est un hommage aux origines de l'oeuvre numérique: le Pixel. Point élémentaire de toute image numérique, le Pixel est un motif récurrent dans le travail de l'artiste et de ses recherches sur l’art numérique. Il est pour lui l'équivalent de la touche picturale. Si Roy Lichtenstein, Richard Hamilton ou Alain Jacquet se sont intéressés à l’agrandissement du point et de la trame offset, Miguel Chevalier développe une écriture non plus fondée sur la trame de points comme ces artistes, mais sur la trame du Pixels. Le Pixel, agrandi, mise en mouvement ou fixe, devient autonome et compose des univers abstraites et très graphique empreint de poésie.
Ces pixels sont à l'image du Big Data, c'est à dire des trillions d’octets de données générées chaque jour: messages sur les sites de médias sociaux, images numériques et vidéos publiées en ligne, d'enregistrements transactionnels d'achats en ligne, signaux GPS de téléphones mobiles... C'est l'image métaphorique de l'explosion quantitative des données numériques qui contraint à de nouvelles manières de stocker les données, de voir et analyser le monde comme le symbolise l’œuvre Cyberespace Pixels

A travers le thème de la ville, l'exposition nous montre comment l'artiste peut transposer une forme de réalité dans un nouvel imaginaire, ou comment créer un imaginaire à partir d’une réalité. Ces créations génèrent un monde sensible qui ouvre de nouveaux horizons et une écriture poétique capable de soulever des émotions. Elle nous invite à lire et à vivre la ville autrement. 

Miguel Chevalier saisit avec le virtuel l'insaisissable et traduit les formes nouvelles de la vie contemporaine et des villes aujourd'hui: renouvellement incessant, vitesse, transformation. Abandonnant toute mémoire chronologique et linéaire, il construit en images, une "constellation de temps" urbains, entre destruction et construction, croissance et mutation.

Lumière, mouvement, énergie: de nouvelles poétiques de la matière s'élaborent dans la continuité des œuvres cinétiques de Julio Le Parc, François Morellet que la Galerie Mordoch a beaucoup soutenu et exposé depuis 20 ans. Miguel Chevalier retranscrit à partir de cette esthétique, les notions de flux et de réseaux. Il rend visible l’invisible, révèle l'essence des choses dans un monde sans cesse en évolution. 

 

(1) Ville générique théorisée par l’architecte Rem Koolhaas.

Un film de Thomas Granovsky / www.tgranovsky.com